Faut-il obliger l'enfant à s'excuser ?


Des études ont prouvé qu'obliger un enfant à s'excuser est inutile .Mais quel est le rapport des enfants aux excuses ? Et quand les parents croient-ils devoir inciter leurs enfants à s'excuser ? 

 

 

La recherche prouve que dès l’âge de 4 ans, les enfants saisissent les implications émotionnelles des excuses. Par exemple, ils comprennent très bien que les excuses peuvent aider une personne contrariée à se sentir mieux. Les tout-petits estiment aussi que les fauteurs de troubles qui s’excusent sont plus aimables et font de meilleurs compagnons de jeux.

Dans une autre expérience, les enfants sont soumis à un événement plus stressant : quelqu’un vient donner un coup de pied dans la tour qu’ils construisent. Certains enfants reçoivent des excuses, d’autres pas. Dans ce cas précis, les excuses spontanées ne réduisent pas la contrariété des enfants. Pourtant, les excuses ont quand même un impact : les enfants qui ont reçu des excuses sont plus prompts à partager leurs jolis autocollants avec la personne qui a renversé leur tour que les enfants auprès de qui on ne s’est pas excusé.

Cela laisse présager que les excuses mènent les enfants à pardonner, même si la tristesse associée à l’incident vécu reste présente. Les enfants se sentent vraiment mieux quand la personne « coupable » leur propose de les aider à reconstruire la tour. Autrement dit, ce qui compte aux yeux des enfants, c’est à la fois l’expression des remords et l’action réparatrice.

Bien que les excuses aient du sens aux yeux des enfants, les points de vue sur le rôle à accorder aux excuses dans l’éducation divergent. Certains s’opposent à inciter les enfants à s’excuser en se fondant sur une notion erronée, qui voudrait que les petits soient limités dans leur compréhension des mécanismes sociaux. En réalité, ils sont déjà doués d’une grande empathie.

Les parents déclarent être particulièrement enclins à inciter leurs enfants à s’excuser quand ces derniers se sont rendus coupables de « transgressions morales », qu’elles soient intentionnelles ou pas. Ces transgressions regroupent des enjeux de justice, de droit et de bien-être, comme lorsqu’un enfant vole quelque chose ou qu’il blesse quelqu’un.

Ainsi, quand les parents se demandent s’il faut encourager leurs enfants à présenter des excuses, ils doivent se rappeler qu’il ne vaut mieux pas pousser un enfant à s’excuser s’il n’est pas prêt à le faire, ou simplement s’il ne ressent pas de remords. La plupart des enfants considèrent en effet que les excuses forcées sont inefficaces.

Les excuses ne sont pas que des mots que les enfants répètent comme des perroquets : n’oublions pas que les adultes usent aussi de rituels qui impliquent des échanges verbaux très codifié.

De même que ces échanges codifiés peuvent revêtir un sens culturel et personnel profond, les mots qui servent à s’excuser jouent un rôle culturel de premier ordre. Apprendre avec conscience aux jeunes enfants à s’excuser est une façon de leur apprendre à prendre soin des autres et à être estimés au sein de leur communauté.


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